Menu

Nos partenaires

Banque Populaire, Marine National - Partenaires de la FFVoile

La Solitaire du Figaro : Thierry Chabagny, premier d'une étape mémorable

[Habitable]  - le 04/06/2015

[Habitable]

Ce jeudi 4 juin à 02h 11mn 36s, Thierry Chabagny a franchi la ligne d'arrivée de la première étape de la 46ème édition de La Solitaire du Figaro - Eric Bompard cachemire. Le skipper de Gedimat a mis 3 jours 9 heures 11 minutes et 36 secondes pour boucler le parcours de 461 milles (théorique) à la vitesse moyenne de 5,68 nœuds. En réalité, il aura parcouru 643 milles à la vitesse moyenne de 6,69 nœuds. 

Pour sa 14e participation à La Solitaire du Figaro-Eric Bompard cachemire, le skipper de Gedimat s'est offert sa première victoire d'étape. A 43 ans, ce breton au palmarès riche et éclectique (2e de La Solitaire en 2006, détenteur du Trophée Jules Verne aux côtés de Lock Peyron en 2012…) signe une superbe performance sur ce premier tronçon entre Bordeaux-Pauillac et Sanxenxo (Espagne). Dès la sortie de la Gironde, Thierry Chabagny s'est imposé en tête de flotte, naviguant parfaitement, faisant les bons choix stratégiques, malgré des conditions de navigations complexes. 

Cette première étape de la 46e édition de La Solitaire du Figaro - Eric Bompard cachemire (2ème étape du Championnat de France Elite de Course au large en Solitaire) restera dans les annales. La plus courte sur le papier (461 milles), elle s'est avérée longue et compliquée. Le golfe de Gascogne, traversé par deux fronts successifs, a contraint les 39 marins à aller chercher des bascules de vents et à faire des choix stratégiques permanents. Dans une mer formée et un vent de sud-ouest établi, la flotte s'est scindée, au bout de 48 heures, en deux groupes bien distincts dans l'idée d'aborder le cap Finisterre sous le meilleur angle possible.

La bataille des ténors du circuit Figaro Bénéteau
Thierry Chabagny se trouve alors avec les favoris de l'épreuve, à l'image de Yann Eliès (Groupe Queguiner - Leucémie Espoir) et de Jérémie Beyou (Maître CoQ), respectivement double et triple vainqueurs de La Solitaire. Dans le bon rythme, signant une trajectoire parfaite, le skipper de Gedimat colle au tableau arrière d'un Yann Eliès combattant. L'option ouest du petit groupe mené par Adrien Hardy (Agir Recouvrement), Gildas Mahé (Qualiconfort - The Beautiful Watch) ou encore Corentin Horeau (Bretagne - Crédit Mutuel Performance) fait douter les sudistes un temps… Entre la gestion du bateau, du bonhomme et de la météo, les cerveaux fonctionnent à 200% sur la façon d'aborder le cap Finisterre et son coup de vent. 

Chab' s'envole
Passé le cap Ortegal, Chabagny met le turbo. La flotte est en mode sécurité (port du gilet de sauvetage obligatoire compte tenu du vent fort), et le stress de casser du matériel freine parfois les ardeurs. Chabagny en profite pour se décaler pour toucher du vent encore plus fort, sans hésiter à manœuvrer dans ces conditions délicates. Hier après-midi, le voilà qui prend les commandes de la flotte, pour ne plus les lâcher jusqu'à l'entrée de la baie de Sanxenxo. A 3 milles de la délivrance, comme Météo Consult l'avait annoncé, le vent s'écroule complètement, permettant aux poursuivants de Gedimat de revenir… jusqu'à toucher son tableau arrière. Patience, concentration et détermination ont été les armes de Thierry Chabagny qui durant près de 4 heures a tenu tête à une meute de figaristes parés à le croquer. Il termine 15 minutes devant le deuxième de l'étape, Yann Eliès. Un rêve qu'il touche enfin à pleines mains depuis quatorze ans qu'il use ses fonds de cirés sur le circuit Figaro Bénéteau…


Ils ont dit :

Thierry Chabagny (Gédimat), premier de la première étape entre Bordeaux-Pauillac/Sanxenxo :
« J'ai dû faire une cinquantaine d'étapes, c'est la victoire de la patience. Je dois être un animal à la maturité lente, mais à maturité quand même, cela finit par arriver. C'est aussi la victoire de la fidélité avec mon partenaire, parce que ça fait cinq ans qu'on est ensemble. C'est une grande joie. C'est sûr la fin dans la molle, c'était un peu énervant, mais pour que ça se termine comme ça, c'est que je devais vraiment la gagner. C'est seulement à 0,05 mille de l'arrivée que je me suis dit que ça allait le faire.
Sur la ligne, j'ai pensé que c'était incroyable. J'ai pensé à tous mes proches, à tous mes amis, à tous ceux  à qui cela faisait plaisir, à mon sponsor et à tous les sponsors que j'ai eus et qui ont cru en moi à un moment donné. » 

Yann Eliès (Groupe Queguiner - Leucémie Espoir), deuxième de la première étape
« Je crois que c'est la première fois que je mets autant de temps à finir une course ! Pas de vent, pas un souffle d'air, très peu de vagues. Ce n'était pas évident, mais j'ai appris des trucs, comme de faire gîter le bateau, régler la grand-voile à la main... C'est bien pour Thierry (Chabagny), il a pas mal navigué ! J'étais devant à un moment, mais je n'avais pas compris qu'il n'y aurait plus de vent jusqu'à la fin. La place de deuxième, je suis content ! Je suis à un quart d'heure de lui, on a fait le ménage avec ceux de derrière. Thierry n'avait pas gagné d'étape depuis La Solitaire où il fait deuxième. Ce fut une étape riche en situations, le scénario était proche de ce qu'on avait prévu. Je ne me suis pas senti perdu dans les enchaînements. La pétole était prévue, les 30 nœuds au cap Finisterre aussi. C'était varié, j'ai eu des bonnes phases de plaisir, mais des phases où Charlie et Thierry allaient très vite au près. Il faut que j'y croie plus ! Parfois je n'ai pas le mental, je n'y crois pas assez, je pars battu. J'ai trouvé ! C'était mieux sous pilote à la bannette, fini je ne touche plus à la barre ! J'ai eu du mal à la fin : 0,5 nœuds, 0,9 dans les surfs, faut aller tout droit… Une arrivée vraiment difficile. »

Alexis Loison (Groupe Fiva), troisième de la première étape :
« Du début à la fin, cette étape s'est plutôt bien passée, puisqu'au départ de Bordeaux, qui n'était pas forcément simple, j'ai réussi à me faufiler et à prendre la tête. Tout du long, j'étais dans les bons coups ; et là, je pense qu'il va y avoir un peu d'écart, qui va coûter cher à certains et qui va aider pour le général, parfait, je suis satisfait ! J'ai eu peur à la fin, que tout le monde revienne, que je perde quelques places… A un moment j'étais plutôt 5è, mais j'ai réussi à mériter mon podium ! C'était très impressionnant ce final, on attendait une petite risée et cela ne revenait jamais. On a essayé plein de techniques, on se surveillait entre nous pour voir comment les autres faisait… Mais on progressait tous à 0,5-0,6 nœuds, c'était interminable. Yann râlait à la fin, il commençait à trouver ça long, moi aussi. On était ensemble, on n'a pas arrêté de faire le yoyo, mais il va vite, j'avais du mal à le contenir, il faut que je trouve pourquoi.
C'est sûr, il va y avoir quelques déçus au ponton, ce soir… ou demain ! Avec le vent qu'on a eu cet après-midi au large des côtes espagnoles, c'était assez tonique, on a eu quelques empannages où il ne fallait pas se rater au risque de déchirer le spi. Forcément, quand on est à 10 nœuds, on pense qu'on arrive dans trois heures, puis on ralentit à 8 nœuds, c'est encore trois heures, puis à la fin, on est à 1 nœud et c'est toujours dans trois heures ! (rires) » 

Photo : A.Courcoux

 

Par : La Solitaire 2015


[Retour aux actualités]

 


 

Recherche d'actualités
Par mot clef :