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Les adieux à la pétole

[Voile lgre]  - le 23/04/2013

[Voile lgre]

- Fin des qualifs, et du petit temps, aujourd'hui
- Les finales débutent demain, dans la brise
- La Rochelle au rayon Laser
- Cammas amasse
- Picon, arme de dissuasion massive
- Les classements pour les nuls


A tous points de vue, c'est demain que débutent les choses sérieuses pour les 800 concurrents réunis sur la Sailing World Cup de Hyères. Non seulement les finales débutent - et chaque manche va coûter beaucoup plus cher - mais en plus le vent va rentrer avec une brise chaque jour un peu plus forte jusqu'à flirter avec les 30 nœuds vendredi. Pour le camp français, ces deux journées de pétole ont été souriantes. On note notamment les bons débuts de Charline Picon et Julien Bontemps (RS :X). Franck Cammas et Sophie de Turckheim, deuxièmes en Nacra 17 se surprennent alors que Pierre Leboucher et Nicolas Le Berre (3èmes) prouvent que leur association vaut de l'or. Autre belle performance d'ensemble, celles des Lasers qui démarrent sur les chapeaux de roues, aussi bien chez les filles, avec Mathilde de Kerangat (2ème) et Marie Bolou (4ème) que chez les garçons avec la percée du Guadeloupéen Mattis Naud qui devance d'une courte tête la légende de la série : le Brésilien Robert Scheidt. La journée a été plus difficile pour les Finn puisque Jonathan Lobert et Thomas Le Breton perdent un peu de terrain. Chez les handis, Bruno Jourdren et son équipage sont en tête des Sonar. Damien Seguin fait une belle journée avec notamment une manche gagnée. Il est 5ème au général. Dans les conditions musclées attendues demain, les classements vont encore beaucoup évoluer.


Cammas amasse

Franck Cammas et Sophie de Turckheim démarrent sur les chapeaux de roues cette première épreuve du circuit olympique. Ce soir, ils sont deuxièmes du général, un résultat « bien au-delà des espérances » selon le barreur qui affiche une belle vitesse dans ces conditions. Pourtant, pas question de tirer des plans sur la comète pour l'équipage qui sera peut-être contraint de rester à terre quand le vent sera plus fort en fin de semaine en raison des douleurs dorsales de Sophie. « On a mangé notre pain blanc » annonce Cammas, pas mécontent de son entrée en matière. Avec le vent plus fort annoncé dès demain, la hiérarchie pourrait en effet changer. Moana Vairaux et Manon Audinet, douzièmes, n'attendent que ça pour venir jouer aux avant-postes comme ils l'avaient fait à Palma. « On sera peut-être plus à l'aise dans le vent demain. C'est plus nos conditions et ceux qui sont devant sont plutôt des poids légers » estime l'équipière.


La Rochelle au rayon laser

L'armada rochelaise du laser est en marche sur le plan hyérois et ça se voit. Dans une série réputée difficile pour les Français, que ce soit pour les garçons ou pour les filles, les bleus sont dans le coup en ce début de semaine. Chez les filles, hier, c'était Marie Bolou qui menait la danse - une première - et aujourd'hui, c'est sa camarade d'entraînement, Mathilde de Kerangat, qui prend la deuxième place. « Elle a pris un départ de fou qui lui permet de gagner la manche ! » salue Mickal Borde, son coach. Chez les garçons, c'est le jeune Guadeloupéen Mattis Naud qui brille, s'offrant notamment la dernière manche du jour. Ce soir, il est 5ème et devance Robert Scheidt - 5 médailles olympiques - de quoi frimer auprès des copains. Pourtant, même s'il fanfaronne Mattis a la tête sur les épaules. « Il construit bien sa tactique. C'est un des rares qui a un compas et qui suit le vent à 5 degrés près » observe Alain Champy qui l'encadre sur l'épreuve. C'est à La Rochelle, sous la houlette de Mickael Borde que s'est construit ce collectif plein de bonne humeur, coordonné depuis peu par Pascal Rambaud. « On se pousse tous vers le haut et c'est ce qui a changé » note la lorientaise Marie Bolou, Rochelaise d'adoption. Aujourd'hui, on peut également noter le retour de Jean-Baptiste Bernaz. Après une première journée difficile, il enchaîne les bonnes manches et se hisse à la 12ème place.


Picon, arme de dissuasion massive

C'est en grande patronne que Charline Picon termine les phases qualificatives ce soir. Avec deux victoires sur quatre manches disputées, Charline est en tête et confirme sa réputation d'avion de chasse dans le petit temps. Même si sur le plan comptable, cette avance ne pèse pas bien lourd - les manches de qualifications comptent peu dans le général - elle a son importance pour elle. « Ce qu'on s'est dit, avec Cédric (Leroy, le coach), c'est que dans ces conditions il fallait s'imposer en leader. Il faut marquer les esprits pour que les filles ne viennent pas se frotter à moi. » C'est donc aussi sur le terrain psychologique que « Pic » joue en prévision de Rio 2016. Son objectif, convaincre ses adversaires que la première place lui est réservée dans les petits airs. Dès demain, le vent sera plus soutenu mais La Rochelaise a bien l'intention de vendre chèrement sa peau. Sa camarade d'entraînement, Eugénie Ricard est 4ème . Chez les garçons, Julien Bontemps poursuit sur sa lancée et termine les qualifications en deuxième position. Le jeune Louis Giard assure aussi deux belles journées prometteuses. Il occupe ce soir la 4ème place du général.

Demain les courses sont programmées à partir de 11h dans toutes les séries.



> Interviews :

Franck Cammas (Nacra 17) :

« Je pense que nous avons mangé notre pain blanc dans le petit temps. C'était plutôt pas mal pour commencer avec la blessure de Sophie et encore peu de pratique du bateau. On est donc très contents de ces deux premiers jours. C'est bien au-delà de ce que l'on espérait. On savait que nous pourrions être pas mal dans le petit temps. a devrait être bien dans le futur. Notre classement, c'est une très bonne surprise. Dimanche, nous nous étions dit que nous ne naviguerions pas dans plus de 20 nœuds pour ne pas risquer d'aggraver les choses pour Sophie et pour ne pas être pénalisés pour les entrainements à venir. Demain, on prévoit 15-20 nœuds, on va y aller tranquille. On ne prendra pas de risques.  »


Interview de Pierre Leboucher (470) :

« Très bonne journée pour nous. On doit être dans les 3 ce soir. C'est super car par rapport à Palma, c'est une manche que l'on va garder jusqu'à la fin. C'est sûr, c'est cinq manches condensée en une mais c'est toujours un bonus. On met du travail en place avec Nico et ça se passe bien. On arrive à gagner des manches sans faire n'importe quoi, c'est super constructif. Demain, on va changer les tenues. On va enlever les pantalons et petites néoprènes et plutôt partir sur grosse néoprène et tenue de combat pour affronter le vent prévu fort pendant trois jours. Ce sont des conditions que l'on aime bien même si on n'a pas beaucoup d'entrainement dans la brise. a va être sympa. On va pouvoir se dépenser même si aujourd'hui, c'était physique pour les équipiers car on pouvait pomper. Demain, ce sera au tour des barreurs ! »


Mathilde de Kerangat (Laser Radial) :

«  Ca s'est bien passé pour moi. Je suis dans le coup. Demain on revient quasiment à zéro car on ne repart qu'avec une manche. Je l'aborde comme une nouvelle régate. Je vais repartir comme s'il ne s'était rien passé. Avant, je n'étais pas très à l'aise dans les conditions de brise. Mais j'ai bien progressé. Donc j'y vais sans appréhension. Je me dis que j'ai tout à gagner dans ces conditions plus soutenues. J'ai hâte d'y aller ! »


Interview de Jérémie Mion (470) :

« Ce matin, on était 2ème au général et là on a bien reculé. On espère quand même rester dans les 10 car c'est une manche qu'on ne pourra pas enlever du classement. On espère que ce ne sera pas trop gênant pour la suite. On fait une première manche à 15 ou 16. Nous avons été un peu extrémistes dans notre placement sur le départ et c'est passé de l'autre côté. Sur la deuxième, on finit 6ème. Pas une manche trop mal mais pas non plus dans une grosse réussite aujourd'hui. Les finales commencent demain. Il faut qu'on se repose bien, qu'on fasse le bilan de ce qui a marché ou pas. Dans le vent, il va falloir se réhabituer aux nouvelles sensations. Ceux qui étaient devant ces deux jours dans le petit temps ne seront peut-être pas devant demain. Nous, on va essayer de rester polyvalents. »


Interview de Jean-Baptiste Bernaz (Laser) :

«  C'était bien. Je fais une première manche avec un départ correct. Je suis 20ème à la bouée au vent et je ramène, je ramène pour terminer 4 avec deux OCS devant. Donc au final, je suis 2 sur cette manche. La deuxième pareil, je ne prends pas un bon départ. C'était un peu deux bords gauches deux fois. Je ne me suis pas posé de questions, ça allait à peu près vite. Et je finis aussi 4. Donc c'est une grosse journée. Par rapport à hier, c'est beaucoup mieux ! Je reviens dans les clous. Ca va me faire une manche correcte pour entrer en finale. A partir de demain, ce sera 6 manches de finale qui vont vraiment compter pour quelque chose. A l'issue des qualifications, ce n'est qu'une manche. On sait qu'en finale même avec quatre manches, 20 points ce n'est rien. Donc à partir de demain, ca va être important ».


Interview de Matthew Belcher (Australien / 470) :

« Ici, c'est assez différent de notre dernière régate à Palma et surtout de l'Australie. Il fait un peu plus froid ! Les prochains jours, il y aura plus de vent et le niveau sera plus élevé. Ce sera un peu plus dur. Jusqu'à maintenant, nous n'avons pas de mauvaises manches, c'est bien. Je suis content du vent annoncé demain. Ce sont des conditions que l'on a l'habitude de rencontrer en Australie mais ce qui m'inquiète, c'est le froid ! »


Interview de Paul Snow - Hansen and Daniel Willcox (NZL/470) :

« Nous avons eu de mauvais départs mais nous avons réussi à revenir. Nous terminons douzième et troisième. Nous devons être deuxième. C'est un très bon départ. Nous sommes très contents. Nous ne pourrons pas supprimer la manche de qualification. C'est donc important de commencer ainsi mais ce sera dur de rester devant. Le vent fort sera une expérience pour nous car nous sommes un nouvel équipage. Ce sont des conditions dans lesquelles nous n'avons jamais navigué jusqu'à maintenant. Il y a beaucoup de très bons bateaux aujourd'hui. »


Interview de Robert Scheidt (Laser) :

«  Le vent était un plus stable aujourd'hui. Nous avons eu environ 10 nœuds. J'ai pris un bon départ sur la première manche et mon objectif a été de gagner des places tout au long de la manche. Dans la deuxième course, j'ai raté mon départ, je n'étais pas en phase mais j'ai quand même réussi à grimper à la 12ème place et c'était bien. Je suis content de ma journée. Je profite de Hyères pour retrouver un rythme en Laser. C'est ma première grosse régate et je suis assez content de la manière dont les choses se déroulent. Je suis encore loin d'un potentiel à 100% mais je navigue dans le Top Ten et ça, c'est positif ! »


Interview de Charline Picon (RS :X) :

« C'est bien de s'étalonner dans ces conditions légères. Ce qu'on s'est dit, avec Cédric, c'est que dans ces conditions il fallait s'imposer en leader. Je voulais gagner toutes les manches, j'en ai gagné deux sur quatre, c'est pas mal. Hier, j'étais dans le coup malgré des conditions compliquées. Je pense déjà à Rio où il y aura sans doute moins de 15 nœuds avec du courant. Il faut marquer les esprits dans ces conditions pour que les filles ne viennent pas se frotter à moi. Il faut qu'elles se disent qu'en dessous de 12 nœuds, il n'y a plus que deux places sur le podium. »


Interview de Jonathan Lobert (Finn) :

« C'est de mieux en mieux. La première, c'était moyen. J'ai tenté la droite du plan d'eau et c'est passé à gauche… Après, j'ai essayé de revenir comme j'ai pu… A la deuxième, c'était farceur. J'ai un peu raté le départ. J'ai réussi à bien revenir. Sur la dernière, je prends un bon départ, j'étais dans le groupe de tête et dans le vent arrière, j'ai réussi à grappiller quelques places. Je termine 5ème et sur une bonne note. J'ai essayé de rattraper le plus de points possibles pour commencer les finales le mieux possible. J'ai essayé de faire les meilleures manches possibles en qualif mais ça ne s'est pas forcément passé comme je le voulais. J'étais dans l'idée de faire les meilleures manches possibles. Demain, le vent arrive donc ça risque d'être un peu différent, on va voir ce que ça va donner ».


Interview de Moana Vairaux (Nacra) :

« La première manche, on ne prend pas un départ top mais on trouve un bon trou et on passe en tête en haut. Ensuite, on a creusé l'écart. C'était plutôt sympa. Sur les deux autres manches, on subit un peu plus et on se laisse enfermer sur le départ. Vu qu'ils prévoient beaucoup de vent pour jeudi et vendredi, je pense que demain on va faire trois manches. On sera peut-être plus à l'aise dans le vent demain. C'est plus nos conditions et ceux qui sont devant sont plutôt des poids légers. »


Interview de Mattis Naud (Laser) :

« J'ai essayé de bien naviguer. La Sailing World Cup est une régate importante pour moi et aujourd'hui, ça a plutôt bien marché. Il ne faut pas s'enflammer, en finale, ce ne sera pas mes conditions. Je ne m'avance pas même si je suis super content de ce début, j'ai validé plein de choses. Je suis devant Robert Scheidt et je m'en vante ! (rires) C'est une légende, il est monstrueux et a encore pleins de trucs à nous apprendre. C'est quelqu'un de très très fort. »


Mickael Borde, entraineur des Laser Radial :

« Mathilde (de Kerangat, ndlr) a pris des supers départs. Cela a été le gros point fort. Sur la dernière manche, elle part au viseur. Un départ de fou qui lui permet de gagner la manche ! Marie (Bolou, ndlr) était un peu stressée au début car elle avait le maillot jaune sur le corps. Elle s'est bien prise en main et fait une belle journée grâce à une stabilité dans sa vitesse en général. Cela confirme leurs capacités. Mathilde a fait 7 à Palma. Là, le niveau est un peu plus élevé et les conditions sont différentes mais elles sont à leur niveau. Elles aiment bien ces conditions-là. A mon avis, elle aborde la journée de demain comme une nouvelle régate avec de nouvelles conditions. Elles vont essayer de bien récupérer et d'arriver tôt demain sur le plan d'eau pour se préparer techniquement. Ce sera une course de vitesse. »


Interview d'Eugénie Ricard :

« C'est dans le petit temps donc ce sont des conditions où je suis plus à l'aise mais je suis contente d'avoir fait de bonnes manches déjà dans ces conditions. L'année dernière, j'ai fait quelques mois de pause car on n'était pas sûr que la planche redevienne olympique. Aujourd'hui, je suis contente de voir que je suis revenue à un bon niveau. Dans le vent plus fort, je sais que j'ai encore beaucoup de travail à faire. »


Interview de Damien Seguin :

« Hier, c'était spécial. Nous sommes partis tard, dans des conditions très limites et j'ai tout fait à l'envers, aussi bien les bords de près que ceux de portant ! J'ai pris autant de points pendant cette première journée que d'habitude pendant tout le reste du championnat ! Aujourd'hui, les conditions étaient meilleures et je fais 1 et 4. Le format actuel  permet de faire un bon retour car je sais gagner des manches comme je l'ai fait aujourd'hui. Hyères est ma compétition de reprise. C'est ma première régate depuis les Jeux Paralympiques et je ne me suis entraîné qu'une semaine. C'est toujours un peu énervant de débuter comme ça mais ça n'a rien de dramatique. »



> Grand angle : Les classements pour les nuls

Pas toujours évident de s'y retrouver dans les nouveaux systèmes de classement mis en place. L'ISAF a en effet choisit cette première année d'olympiade pour tester de nouveaux formats. Hier et aujourd'hui, toutes les flottes sont en « qualifs ». A partir de demain, se dérouleront les finales jusqu'à vendredi. Au niveau comptable, on note que les manches de qualifications valent beaucoup moins que les manches de finales.
Pour faire simple, la première des manches de finale influence autant le classement que les cinq précédentes. Concrètement, la première des manches de finale, appelée « Carry Forward Race » n'est autre que la place occupée à l'issue des qualifications. Le deuxième marque donc deux points, le troisième trois points, etc… Les deux premières journées sont donc d'une importance toute relative, d'autant que la plus mauvaise de ces manches n'est pas comptabilisée. Cette « discard » s'applique donc aux cinq premières courses et une autre existe pour celles qui suivent, en finale. Le dernier jour, ce n'est pas une medal race qui est disputée mais deux, voire trois pour les 49er, 49er FX et les Nacra, autant dire que la dernière journée peut tout chambouler. Petite subtilité comptable, il existe maintenant une « prime à la victoire ». En effet, gagner une manche rapporte 0 points contre 2 pour le second, 3 pour le troisième et ainsi de suite.

 

Par : Effets Mer


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