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Les jeunes à l'attaque

[Voile lgre]  - le 22/04/2013

[Voile lgre]

La première journée de la Sailing World Cup a souri aux Français réunis à Hyères et permis de voir émerger de nouvelles têtes. Dans de tous petits airs, c'est un cad, Julien Bontemps, qui réalise la meilleure journée et prend la tête de sa série mais les jeunes ne sont pas bien loin. Ainsi, Arnaud Billet prend la quatrième place, juste derrière Ivan Pastor vainqueur des deux premières étapes de la saison à Miami et Palma. Louis Giard - 20 ans - joue lui aussi aux avants postes (5ème ce soir). Chez les filles, une seule manche est disputée et elle sourit à Eugénie Ricard, deuxième, et talonnée par Charline, 3ème.

Chez les 470, le scénario est sensiblement le même avec deux équipages bien dans leurs bottillons. D'un côté, Pierre Leboucher et Nicolas Le Berre, 5ème du général, et de l'autre Sofian Bouvet et Jérémie Mion qui font parler la poudre du haut de leurs 23 ans et occupent la deuxième place grâce à des départs canons. « Avec Sofian, nous avons fait un break de 18 mois avant de naviguer à nouveau ensemble. a nous a fait du bien à tous les deux » commente Jérémie. Camille Lecointre et Mathilde Géron réussissent elles-aussi leurs retrouvailles puisqu'elles n'avaient pas navigué ensemble depuis les Jeux de Londres et qu'elles sont ce soir quatrième du général.

Les régatiers, qu'ils aient réussi leur journée ou pas, gardent pourtant la tête froide car, en cette première journée de qualifications, les manches ne pèsent pas bien lourd. « C'est à partir de mercredi que ça commence vraiment » explique Julien D'Ortoli, barreur de 49er qui se dit « satisfait » de cette première journée. Avec Noé Delpech, ils occupent la huitième place du classement général. Autre jeune qui monte Marie Bolou en Laser Radial qui remporte la deuxième manche de la journée.

Chez les Finn Thomas Le Breton, de retour à la compétition prend la sixième place du général et signe la meilleure journée française. Le médaillé de bronze, Jonathan Lobert alterne le bon et le moins bon. Il est 15ème après deux courses.
Pour cette première journée, les regards étaient tournés vers les multicoques qui faisaient leur grand retour sur Hyères (voir ci-dessous). La flotte est menée par les Néerlandais Groeneveld et Begeman, déjà vainqueurs à Palma mais Franck Cammas et Sophie de Turckheim ont fait une belle entrée en matière. Sans briller sur les départs, Franck et Sophie sont parvenus à remonter place après place grâce à une bonne vitesse. Ils terminent respectivement 8ème et 4ème et sont ce soir à la 6ème place du général. Demain, c'est encore du vent faible qui est prévu avant la brise qui arrivera sur Hyères dès mercredi.

Demain les courses sont programmées à 11h dans toutes les séries sauf les Finn et les 49er (13h00).


> Interviews :
Interview de Julien Bontemps (RS :X):

« Je fais deux et un. C'est pas mal de marcher dans le petit temps après avoir travaillé le gros temps pour la PO de Londres. J'ai fait une bonne première manche, très longue, ça use dans ces conditions. On voit les jeunes français qui percent avec Louis Giard qui termine derrière moi sur la première et Arnaud Billet qui fait une belle troisième place. a montre qu'il y a des gens qui vont vite quelles que soient les conditions. C'est bien, il y a des collègues ! »


Interview de Jonathan Lobert (Finn) :

« Ce n'était pas facile aujourd'hui ! Le vent était très instable, très léger. Sur la manche 1, je ne suis pas trop mal. J'étais troisième à la dernière bouée et je suis tombé dans un trou d'air pour finir 8 à l'arrivée. C'est pas si mal, j'aurais pu perdre beaucoup plus ! Sur la deuxième, j'ai raté le départ et quand il y a 75 bateaux sur la ligne, c'est dur ! Ce sera une manche à oublier ! En ce moment, je suis plus à l'aise dans la brise mais ce n'est pas une excuse. »


Interview de Jérémie Mion (470):

« On fait une belle première manche de 2. On a pris un bon départ et on a bien maîtrisé le truc. La deuxième a été plus dure, le vent n'était pas facile, on était 15ème tout le long et on n'a pas réussi à recoller les bateaux de devant. Sur la dernière, le comité a attendu un moment que le vent s'établisse mais on a réussi à bien se remobiliser avant le départ. On est parti à droite et c'est ce qu'il fallait faire. C'est un bon début de championnat. La reprise avec Sofian se passe bien. Nous avons fait un break de 18 mois avant de naviguer à nouveau ensemble. a nous a fait du bien à tous les deux. Nous avons appris des choses chacun de notre côté et c'est génial. On est contents et on prend beaucoup de plaisir. En plus, les autres équipages français marchent bien. »


Interview de Nicolas Le Berre (470) :

« Entre les deux premières manches et la troisième, le vent a tourné à gauche mais il n'y a pas eu de mistoufles. Les manches étaient propres. Sur la dernière, nous avons choisi le mauvais côté du plan d'eau sur le plan stratégique. On a pris un mauvais départ. On était super mal à la bouée au vent mais on ne s'est pas démobilisé. On a réussi à remonter un peu mais malgré tout, on fait une mauvaise manche.
Par contre, nos deux premières de la journée étaient super bonnes donc nous sommes contents. Nous ne nous mettons pas la pression. Notre objectif, c'est les mondiaux et on aimerait aussi se qualifier pour les Jeux Med. Nous sommes surtout en train de nous caler avec Pierre. Nous sommes un équipage jeune, nous avons beaucoup de choses à mettre en place.
Lorsque tu es entraineur, forcément ta vision est différente. Tu vois beaucoup de choses. De l'intérieur, tu ne ressens pas les choses de la même manière. En tant que coach, j'étais aussi investi de stress car j'avais envie que mes équipages marchent bien. Je suis concentré de la même manière sur mon travail en tant qu'équipier. Pour l'instant, je ne ressens pas les choses de manière trop différente, peut être que ce sera autre chose sur les grandes compétitions ? Là, ce que je veux, c'est travailler et progresser. »


Interview de Julien D'Ortoli (49er) :

« Le vent était très faible et très instable et ça, autant en force qu'en direction. On a pris trois bons départs, ce qui nous a permis de jouer devant. On a bien marché sur les deux premières et sur la troisième, nous étions au milieu et nous nous sommes fait passer par les extérieurs. En ce moment, ce sont les qualifs mais on ne se dit pas qu'on peut prendre plus de risques. En revanche, après une mauvaise manche, on se dit que c'est moins grave. Il ne faut pas trop dépenser d'énergie en ce moment, c'est mercredi que ça va vraiment débuter. On est satisfaits de ce démarrage. »



> Grand angle : Cammas, l'arbre et la forêt

Après quatre années d'absence, le multicoque fait son grand retour sur les plans d'eaux olympiques. Le Nacra 17, petite fusée de 5,25 mètres montée sur deux dérives affutées comme des rasoirs, est l'objet de toutes les attentions sur le plan d'eau hyérois. La France entretient un lien particulier avec le multi qui lui a offert deux titres olympiques en 1988 et 1992, alors quand Franck Cammas, l'un des plus beau palmarès de la voile mondiale, annonce qu'il va tenter sa chance pour Rio 2016 tout le monde retient son souffle.

Pourtant, même s'il est associé à l'une des meilleures spécialistes du dériveur en la personne de Sophie de Turckheim, Cammas est loin de rouler les mécaniques. Il faut dire que le duo n'est pas celui qui a le plus navigué et que Sophie, blessée au dos depuis une dizaine de jours serre les dents à la moindre manœuvre. Même s'il réalise une belle performance aujourd'hui (8 et 4), Franck Cammas est un peu l'arbre qui cache la forêt du catamaran tricolore et son statut de star ne l'empêche pas de jouer collectif avec les trois autres binômes du groupe d'entraînement.


Pesage de bouts

« C'est un modèle et ce n'est pas froisser les autres que de dire ça » souligne Franck Citeau, le coach qui salue le sens de partage du champion français. Car Cammas, comme les autres, bénéficie de la force d'un collectif qui n'a pas perdu une minute pour apprivoiser le catamaran olympique. Après une première période de sélection, à l'été 2012, huit dossiers ont été retenus pour embarquer dès septembre à bord de quatre catas commandés par la fédération. De septembre à mars, les binômes ont navigué le plus possible et chacun a apporté son expérience. Quand un Cammas livrait son analyse technique, un Billy Besson, vice-champion du monde de cata en 2012, faisait part de ses sensations. « Ces huit mois de préparation étaient essentiels. C'était assez scolaire au début, il s'agissait de faire ses gammes, peser le moindre bout, la moindre poulie, tout ça en collaboration avec l'ENVSN » explique Citeau, lui-même ancien coureur olympique et qui n'est pas mécontent des premiers résultats obtenus à Palma. L'association de jeunes recrues qui découvrent le support, à l'image de Manon Audinet, Audrey Ogereau ou d'une ancienne du match racing, Marie Riou, à des spécialistes du cata comme Billy Besson, Mathieu Vandame ou Moana Vairaux porte ses fruits.


Raids

Sur la première étape de la Coupe du Monde, deux bateaux français figuraient parmi les quatre premiers, et à Hyères, le duo Backes / Petitjean fait son arrivée dans le grand bain international. Avant le championnat du monde 2013, objectif capital de la saison, les équipages français ne relâcheront pas leurs efforts. Il est même prévu qu'ils participent à des raids pour passer le maximum de temps sur l'eau. A Hyères, on attend pour cette semaine aussi bien du petit temps que de la baston, une variété de conditions précieuse pour s'étalonner par rapport aux meilleurs étrangers.


Franck Cammas :

« Nous sommes là pour apprendre à naviguer ensemble, à découvrir le Nacra 17. On va aussi découvrir nos concurrents. J'en connais certains comme Iker Martinez qui a récemment participé au Trophée Princess Sophia en Espagne. Quand je vois son résultat (18ème) alors qu'il connaît super bien l'olympisme pour avoir déjà été médaillé d'or en 49er, ça donne une idée du niveau général » ( source : Team Groupama)


Franck Citeau, entraîneur des catamarans :

« Je suis très très content de ce groupe. Nous faisons partie des grosses nations avec les Anglais, Néerlandais, Autrichiens et Espagnols. Ce sont globalement les mêmes nations qu'à l'époque du Tornado même si la hiérarchie bouge encore beaucoup et qu'elle ne commencera à se stabiliser qu'après le mondial. Ici, on passe pas mal de temps à observer les autres bateaux. La première année, on observe des comportements et des vitesses très différentes. Pour nous, c'est un round d'observation, on n'a aucune pression de résultats. En septembre, on a fait passer une quarantaine de jeunes à Quiberon pour sélectionner ce groupe. On a réussi à mettre ces binômes en place et ça ne bougera plus. Ces huit mois de préparation étaient essentiels. C'était assez scolaire, il s'agissait de faire ses gammes, peser le moindre bout, la moindre poulie, tout ça en collaboration avec l'ENVSN. Sans cela, on n'en serait pas là aujourd'hui. Au sein de ce groupe, Franck Cammas représente un modèle et ce n'est pas froisser les autres que de dire ça. Il est professionnellement fantastique et il me facilite la tâche. Il y a un véritable échange. »

 

Par : Effets Mer


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